Qu'est-ce que l'AOD-9604 ?
L'AOD-9604 est un peptide fabriqué en laboratoire, c'est-à-dire une courte chaîne d'acides aminés. Il reproduit une petite partie de l'hormone de croissance humaine, la protéine que l'hypophyse libère pour réguler la croissance et de nombreux aspects du métabolisme.
Un morceau prélevé à l'extrémité
L'hormone de croissance compte 191 acides aminés. La dernière portion de la chaîne, positions 177 à 191, s'écrit Leu-Arg-Ile-Val-Gln-Cys-Arg-Val-Ser-Glu-Gly-Ser-Cys-Gly-Phe. L'AOD-9604 est ce segment de 15 acides aminés précédé d'une tyrosine, soit 16 au total. Les chercheurs le notent parfois Tyr-hGH177-191.
Ses concepteurs voulaient garder la partie de l'hormone qui agit sur la graisse et écarter celles qui stimulent la croissance et font monter la glycémie.
Ce qui le distingue de l'hormone de croissance
- Pas de liaison au récepteur : en laboratoire, il ne se fixait pas au récepteur de l'hormone de croissance, par lequel l'hormone entière produit la plupart de ses effets.
- Pas de signal de croissance : il ne faisait pas se multiplier les cellules comme le fait l'hormone de croissance.
- Pas de hausse de l'IGF-1 : dans les essais chez l'homme, il n'augmentait pas l'IGF-1, le facteur de croissance que l'hormone fait normalement grimper.
- Glycémie : ni les études animales ni les essais humains n'ont montré de dégradation du contrôle du glucose, un effet indésirable connu de l'hormone entière.
Son effet apparent sur le tissu adipeux
Chez les rongeurs, le fragment réduisait la lipogenèse, c'est-à-dire la fabrication de nouvelles graisses, et augmentait la lipolyse, la dégradation des graisses stockées en acides gras et en glycérol. Les souris obèses traitées brûlaient aussi davantage de graisses pour produire de l'énergie.
Le mécanisme précis reste flou. Une étude de 2001 a montré que l'AOD-9604 augmentait le récepteur bêta-3 adrénergique, un interrupteur des cellules graisseuses sensible à l'adrénaline. Chez des souris dépourvues de ce récepteur, le fragment augmentait pourtant la combustion des graisses à court terme : le récepteur ne suffit donc pas à tout expliquer.
À retenir
- L'AOD-9604 est une copie de 16 acides aminés de l'extrémité de l'hormone de croissance, tyrosine comprise.
- Il n'agit pas par le récepteur de l'hormone de croissance.
- Chez l'animal, il a freiné la prise de graisse et accru sa dégradation.
- Son mécanisme exact n'a jamais été entièrement élucidé.